d’Isabelle Quantin
création février 2027
tout public
1h15 (durée estimée)
Jeanne se réveille en institut psychiatrique. Elle ne comprend pas et voudrait être partout sauf là. Il semble qu’elle aurait appuyé sur reset pour éteindre et relancer le système. Fantasmant son propre enterrement jusqu’à imaginer son épitaphe, s’inventant des dialogues avec un frère mort depuis trop longtemps et découvrant la réalité d’une hospitalisation sous contrainte, Jeanne avance et nous l’accompagnons lentement vers ce qui pourrait ressembler à l’acceptation. Mais accepter quoi au juste ? Moi ? Toi ? Les autres ? Le monde qui s’impose à elle ? Une pièce comme une quête et une enquête.
note d’intention
De la difficulté de faire passer un cercueil par la porte
Au commencement, il y a Jeanne, puis Émile et Gaston : deux employés des pompes funèbres qui essaient – non sans difficulté – de faire passer un cercueil par la porte du service psychiatrique. Que font-ils ici ?
« Un caisson de la taille d’un cercueil à faire passer dans un couloir large comme un cheveu de moine, ça demande de la délicatesse » Scène 1
Jeanne leur propose de l’aide mais Émile et Gaston sont embêtés : ce n’est pas très professionnel d’accepter l’aide d’une cliente. Alors, le cercueil est-il destiné à Jeanne ?
« Je sais pas si ça a servi à grand chose.
– Quoi ?
– Ce numéro, là. Mon enterrement pour aller au bout du truc.
– Comme une… catharsis?
– Je me disais que ça pourrait m’emmener au bout du game pour revenir au début. » Scène 3
Jeanne a appuyé sur reset. Sa réinitialisation commence au premier jour de son séjour ici : à l’institut Saint Dymphna.
« Sainte Dymphna, connue comme la patronne des troubles nerveux et des maladies mentales, de la dépression et de l’inceste. J’ai l’impression qu’on représente bien le panel. » Scène 8
Le réalisme fantastique où le rationnel côtoie l’imaginaire
Jeanne parle à son frère, mort il y a 10 ans au fond d’un puits. Jeanne échange avec des employés de pompes funèbres a priori destinés à l’enterrer, elle. Jeanne est-elle folle ? Jeanne voit au-delà du visible et se recrée un univers qui la rassure. Sommes-nous dans un domaine de l’ordre du surnaturel ou du spiritisme ? Et si tout simplement, Jeanne s’attelait à montrer l’invisible structurant notre monde ? Nos morts, nos peurs, les territoires cachés de notre réalité, ouvrant ainsi à des interprétations multiples. La fascination de la mort, le fantasme de ce que pourrait être devenu son frère, s’il avait survécu, emmènent Jeanne dans son monde parallèle, hors de notre réalité.
Bien plus qu’un procédé, le réalisme fantastique est une manière d’être dans le présent et en même temps de lui échapper. La scène d’ouverture, dans laquelle Jeanne convoque autant qu’elle exorcise ses fantômes pour ne pas les oublier, éclaire la réalité de Jeanne. C’est une façon pour elle de s’engager contre la monotonie et la banalité de la vie. Elle se révolte contre la nature réelle des choses et cherche à la transfigurer en mettant en scène son propre enterrement. Une façon de se sauver d’un monde qui lui fait peur.
Les cinq étapes vers l’acceptation : des chimères à la réalité
Après le choc de se trouver parachutée en hospitalisation sous contrainte, Jeanne est dans le déni : « Y’a erreur, tout le monde est fou ici, sauf moi. » En colère, et refusant complètement sa situation, elle entre en résistance contre sa condition a priori ferme et inébranlable. Jeanne découvre les règles d’une hospitalisation sous contrainte : l’enfermement, les impératifs d’horaires, les exigences de la vie avec d’autres gens malades, comme elle.
CHŒUR « T’en es où dans tes étapes ? Le choc, c’est fait. Le déni, ok et c’est tuilé avec la détresse… Il reste quoi ? La négociation. T’as compris ou pas ? T’as compris qu’on ne peut pas négocier avec plus fort ? On perd à tous les coups. Bon, négociation, c’est fait. L’analyse, la réflexion : le ‘je ne guérirai jamais c’est mort’. On y est passé, ça aussi ? C’est validé ? Il ne reste plus qu’à accepter. » (Scène 10)
distribution
texte et mise en scène – Isabelle Quantin
avec Manu Constant, Émilie Horcholle, Samantha Le Bas, Vincent Poirier
son et musique live – Mathias Guilbaud
lumière – Martin Teruel
scénographie – Charles Altorffer
construction décor – Mathieu Delangle
costumes – distribution en cours
production et diffusion – Lisa Coulon
partenaires – Théâtre Municipal de Coutances – scène conventionnée, Halle Ô Grains – Bayeux, Archipel – scène conventionnée de Granville, Le Trident – scène nationale de Cherbourg-en-Cotentin, La Cité Théâtre – Caen, L’Étincelle – Rouen, département de la Manche, communauté de communes Coutances Mer et Bocage
calendrier de production
à venir >>>
01-03 juin 2026 – résidence Souslespylônes, Saint-Pierre-de-Coutances
04 juin 2026 – lecture publique à La Cité Théâtre, Caen
05 juin 2026 – lecture publique au Labo Victor Hugo, Rouen
22-30 sept. 2026 – résidence au Théâtre Municipal de Coutances
23 nov. – 04 déc. 2026 – résidence Souslespylônes, Saint-Pierre-de-Coutances
27 janv. – 01 fév. 2027 – résidence à la Halle Ô Grains, Bayeux
<<< passés
12 juin 2025 – lecture publique aux Fours à Chaux, Regnéville-sur-Mer
du 09 au 13 juin 2025 – résidence d’écriture aux Fours à Chaux, Regnéville-sur-Mer
du 05 au 09 mai 2025 – résidence d’écriture aux Fours à Chaux, Regnéville-sur-Mer
du 08 au 19 avril 2024 – résidence d’écriture à la Fondation Bon Sauveur, La Glacerie – Cherbourg-en-Cotentin
tournée de création
02 février 2027 – Halle Ô Grains, Bayeux
04-05 février 2027 – Théâtre Municipal de Coutances
16 mars 2027 – L’Éclat, Pont-Audemer
18-19 mars 2027 – Théâtre de la Ville de Saint-Lô
11-13 mai 2027 – Le Trident, scène nationale de Cherbourg-en-Cotentin
12 oct. 2027 – Archipel, Granville
création graphique – Encore Bravo